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JEAN SMILOWSKI

BIOGRAPHIE 1927 – 1989  

 

Fils d’immigrés polonais arrivés en France en 1924, Jean Smilowski passe ses premières années dans un appartement du Vieux-Lille. En 1943, la famille sans ressource à la suite du licenciement du père est expulsée et s’installe dans une cabane dans les jardins familiaux proches des abattoirs de la ville, rue du Guet. En 1944, à l’âge de 16 ans, Jean Smilowski est réquisitionné par l’armée allemande et passe un an en Allemagne avant de rentrer en France avec l’armée française, à la fin de la guerre. A son retour en France, il reviendra vivre dans la cabane familiale. Il y passera plus de quarante ans, jusqu’en 1985.

Ouvrier sans qualification à l’usine de Fives-Lille-Cail, il est renversé par un camion en se rendant à son travail à l’âge de 33 ans : « A 33 ans il a souffert, moi aussi », écrira-t-il derrière plusieurs peintures, se comparant au Christ. Il vivra ensuite d’une pension d’invalidité et de petits boulots. 

L'avenir de l'artois du  23  01  2014

Vivant en marge de la ville et resté seul après le décès de sa mère en 1972 dans la cabane de ses parents qu’il reconstruit, il décore   son logement et son espace de vie, s’inventant un royaume peint de couleurs vives. Il recouvre ses objets, ses contreplaqués, ses toiles… de peinture « Ripolin », et les protège d’épaisses couches de vernis. En 1980, il apprend qu’il doit partir : les jardins ouvriers sauvages seront rasés pour faire place à des jardins familiaux bien ordonnés, entourés de grillages, qu’il compare à des « des camps  de concentration ». En 1984, il rencontre l’APU du Vieux-Lille qui l’aidera à se reloger et cherchera à faire reconnaître et à faire connaître cette création singulière. En 1985, après la destruction de sa cabane et des jardins sauvages de la Poterne, il est relogé en HBM (Habitation Bon Marché) par la ville. Et, chose incroyable, il reconstitue son univers dans son deux-pièces situé en rez-de-chaussée de l’immeuble de la rue Eugène Varlin : habitué à la pénombre, il calfeutre les fenêtres, n’allume pas le feu à bois et charbon – « il fait assez chaud avec les voisins », dit-il, il décore ses murs avec ses peintures et il se remet à dessiner. Il vivra encore quatre ans, aidé par son infirmière et soutenu par les bénévoles de l’APU. En 1989, la maladie et plusieurs opérations eurent raison de sa santé fragile. Il sera enterré au cimetière de l’Est à Lille.

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